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Anxiété & épuisement

Pourquoi je n'arrive jamais à me reposer ?

Ce que votre épuisement dit de vous

Mots-clés

  • fatigue, épuisement

  • burn-out,

  • culpabilité,

  • hyperactivité,

  • charge mentale,

  • anxiété

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A propos de l'autrice

Psychologue clinicienne, psychothérapeute, j'accompagne les enfants, adolescents, adultes, et les couples en présentiel ou à distance et les institutions en formations, analyse de pratiques, supervisions.

« Pourtant, je me suis reposé tout le week-end. »
« J'ai pris des vacances, mais je me sens toujours aussi fatigué. »
« Je dors, mais je ne récupère pas. »

Ces phrases reviennent fréquemment en consultation.

Malgré du repos, un épuisement latent persiste, une sorte de fatigue chronique
Nous avons tendance à penser que la fatigue est uniquement une question de sommeil, de charge de travail ou de rythme de vie. Pourtant, certaines personnes restent épuisées même lorsqu'elles disposent enfin de temps libre.

Le corps est en vacances, mais l'esprit manifestement n'y est pas encore
Comme si quelque chose continuait à travailler à l'intérieur de soi.


Se reposer n'est pas toujours s'arrêter
Lorsque nous pensons au repos, nous imaginons généralement l'absence d'activité. Ne plus travailler, ne plus courir, ou avoir de contraintes. Mais il existe une autre forme de fatigue, beaucoup plus discrète.
Certaines personnes passent leur temps à :

  • anticiper les évènements à venir ou les réactions des autres

  • s'inquiéter de ce qui pourrait mal se passer

  • faire attention à l'état émotionnel de leur entourage

  • surveiller leurs propres émotions, voire essayer de les contrôler

  • éviter les conflits en ajustant en permanence leur comportement

  • réguler l'atmosphère émotionnelle autour de soi

  • maintenir une image de soi sous contrôle, ce que l'on nomme un faux -self

  • élaborer un deuil ou travers d'autres situations émotionnellement très lourdes comme une maladie, des difficultés financières

  • contrôler ce qui pourrait mal se passer.

Même immobiles sur un canapé, elles restent intérieurement en activité.

Le corps s'arrête et l'esprit continue


L'épuisement des personnes qui portent beaucoup

Certaines personnes ont appris très tôt à être fortes. À ne pas déranger. À gérer seules. À s'adapter. À prendre soin des autres avant elles-mêmes. Elles deviennent souvent des adultes fiables, compétents et appréciés. Piliers de leur famille, de leur équipe, de leur entourage.
Mais cette solidité a parfois un coût invisible.
Lorsqu'elles tentent enfin de se reposer, elles découvrent qu'elles ne savent plus très bien comment faire. Car une partie d'elles reste mobilisée en permanence. Comme un gardien qui ne quitte jamais son poste; même lorsque la nuit est calme, et qu'aucune alarme ne sonne.
Pas de repos pour les braves !


Quand le repos fait émerger ce qui était tenu à distance
Paradoxalement, certaines personnes se sentent plus mal lorsqu'elles ralentissent. Les vacances ou le week end tant attendu n’offre pas le repos espéré.Les vacances s'accompagnent d'une anxiété diffuse. Et soudain, dans le silence, apparaissent :

  • l'inquiétude qui était contenue

  • la tristesse longtemps repoussée

  • La solitude que l'activité tenait à distance

  • Le vide, ce sentiment étrange de ne plus savoir
    qui l'on est ou ce que l'on doit faire

  • Les questionnements laissés de côté

  • La colère longtemps contenue

Le temps libre, l’esprit beaucoup moins…

 

Pourquoi culpabilisons-nous lorsque nous ne faisons rien ?
Nous vivons dans une société qui valorise la performance, l'efficacité, le faire, la productivité, le contrôle. Il faut être actif, rentable, avoir des projets, un corps entretenu, des enfants brillants, une maison bien décorée, bien rangée, avoir une présentation de soi irréprochable, des posts sur les réseaux sociaux ventant une réussite de tous les instants, des voyages extraordinaires dans des contrées éloignées, dans des lieux prisés. Même les loisirs semblent devenir des performances. Le plaisir de l'expérience parfois influencé positivement ou négativement par le nombre de like ou de commentaires sur les réseaux. Très tôt, beaucoup apprennent que leur valeur dépend de ce qu'ils accomplissent. Les activités et choix de vie seront orientés plus ou moins consciemment selon l'histoire que nous pourrons raconter à son sujet. Ce voyage aux sports d'hiver en haute saison, mention embouteillage aux remontées mécaniques, cette pratique du surf sur un line up bondé, ce marathon ou ce hyrox. Même le retour à la nature ou la retraite de yoga peuvent parfois devenir des marqueurs sociaux. Nous ne faisons plus seulement les choses pour ce qu'elles nous apportent intérieurement. Mais aussi pour ce qu'elles disent de nous. Peu à peu, une confusion s'installe entre être et faire. Dans ce contexte, se reposer peut devenir profondément inconfortable. Comme si ne rien produire, ne rien accomplir, ne rien montrer revenait à disparaître un peu du regard des autres... et parfois même du sien. Certaines personnes ne souffrent alors pas seulement d'un manque de repos.
Elles souffrent de ne pas s'autoriser à se reposer.
Car lorsqu'une vie entière a été construite autour de l'idée qu'il faut mériter sa place, s'arrêter n'est plus une simple pause. 

Fatigue physique
+
Travail psychique invisible

+
Hypervigilance
+
Culpabilité de se reposer
=
Épuisement chronique

ACTIVITÉ VISIBLE
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ACTIVITÉ INVISIBLE

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Une fatigue qui parle parfois d'autre chose

Une femme consulte pour un épuisement persistant. Elle dort correctement. Son bilan médical est rassurant. Elle prend même régulièrement du temps pour elle. Pourtant, la fatigue reste présente.Au fil de la séance, elle découvre qu'elle passe une grande partie de son énergie à tenter de satisfaire tout le monde.Être une bonne professionnelle.Une bonne mère.Une bonne compagne.Une bonne fille.La fatigue ne venait pas seulement d'un manque de sommeil.Elle venait d'une lutte permanente contre le risque de décevoir. une peur si bien intégrée qu'elle ne la ressentait plus comme une peur. Elle la ressentait comme une obligation.Ce coût psychique invisible de l'énergie dépensée à gérer son image, à anticiper le regard des autres, à prévenir leur déception, ne figure dans aucun agenda. Et pourtant, il représente une charge continue, de chaque heure de chaque journée.Elle n'est pas devenue quelqu'un d'autre. Elle a simplement commencé à reconnaître, puis à nommer, ce qui lui coûtait. Et cela seul a modifié quelque chose.

 

Une question différente

Lorsque nous sommes épuisés, nous cherchons souvent :« Comment récupérer ? »Cette question est importante.Mais parfois une autre mérite également d'être posée :« Qu'est-ce qui, en moi, ne se repose jamais ? »Car certaines fatigues ne disparaissent pas uniquement avec davantage de sommeil ou quelques jours de vacances.Elles parlent parfois d'une vigilance devenue chronique, d'une responsabilité excessive, d'un besoin de contrôle ou d'une difficulté à prendre soin de soi avec la même attention que l'on accorde aux autres.Dans ces situations, le repos n'est pas seulement une question de temps.Il devient aussi une question psychique.Et comprendre ce qui nous épuise peut parfois être le premier pas vers un véritable soulagement.

Causes fréquentes

Schéma d'abnégation (Young) : La tendance à répondre aux besoins des autres avant les siens, jusqu'à l'épuisement.

Hypervigilance relationnelle : Être constamment attentif aux émotions, attentes ou réactions des autres pour éviter les conflits ou rejet.

Valeur conditionnelle de soi : Le sentiment d'avoir de la valeur uniquement lorsqu'on est utile, performant ou irréprochable.

Idéal du Moi tyrannique : Cette voix intérieure qui exige d'être toujours + 

L'enfant parentifié : L'enfant qui a dû prendre soin des autres avant d'avoir le droit d'être lui-même protégé.

Fonction défensive de l'activité : S'occuper peut être utilisé pour empêcher de rencontrer une tristesse, une peur ou un vide intérieur.

Conflit entre désir et devoir : Vivre selon ce qu'il faudrait faire jusqu'à ne plus savoir ce que l'on souhaite réellement.

Angoisse de désorganisation :Ralentir peut donner l'impression de risquer de s'effondrer.

Fatigue de civilisation : Une époque qui valorise la performance peut transformer l'hyperactivité en idéal de vie.

Identification à l'objet souffrant : La difficulté à s'autoriser le repos ou le bonheur lorsqu'une personne importante (souvent un parent) n'a jamais pu y accéder elle-même.

Décompensation post-effort : Quand le corps ou le psychisme s'effondrent au moment où la pression retombe enfin.

La fatigue chronique ne trouve pas toujours son origine dans le travail.

Certaines personnes ont appris très tôt qu'elles devaient mériter leur place.

Quand l'obligation prend toute la place, le repos devient parfois impossible.

À retenir


✓ Se reposer physiquement ne signifie pas toujours se reposer psychiquement.


✓ Certaines personnes restent en activité intérieure permanente : anticipation, contrôle, inquiétude, charge mentale.


✓ La fatigue peut provenir d'une vigilance chronique bien plus que d'un manque de sommeil.


✓ Le repos réveille parfois des émotions longtemps maintenues à distance.


✓ L'épuisement n'est pas toujours un problème d'organisation ; il peut aussi être un problème de position psychique.

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Sophie Gouchen

Psychologue

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